Comment réagir pendant une crise émotionnelle de son enfant : clés pour apaiser sans s’épuiser

ENFANTS

Angélique Daulne

2/2/20263 min read

Lorsqu’un enfant est en pleine crise émotionnelle, l’adulte peut rapidement se sentir dépassé.
Pleurs, cris, agitation, refus… tout semble nous échapper, et une question revient souvent :

👉 Qu’est-ce que je dois faire pour que ça s’arrête ?

Avant même de chercher la bonne réaction, il est essentiel de comprendre une chose :
pendant une crise, l’enfant n’est pas en capacité de raisonner.

Ce qui se passe dans le cerveau de l’enfant pendant une crise

Lorsqu’une émotion déborde, le cerveau émotionnel de l’enfant prend le dessus.
Le cerveau rationnel – celui qui permet de réfléchir, comprendre, écouter – est momentanément hors ligne.

Cela signifie que :

  • expliquer

  • raisonner

  • moraliser

  • demander de se calmer

👉 ne fonctionne pas sur le moment, même si l’intention est bonne.

L’enfant n’est pas volontairement opposant.
Il est submergé.

Première clé : rester présent avant de vouloir intervenir

Face à une crise émotionnelle, la première aide que peut apporter l’adulte est sa présence.

Pas forcément des mots.
Pas forcément une solution immédiate.

Mais :

  • une voix calme

  • une posture stable

  • une présence rassurante

Un adulte qui reste ancré devient un repère émotionnel pour l’enfant.

💡 Plus l’adulte s’agite, plus l’émotion de l’enfant peut s’amplifier.

Ce qu’il vaut mieux éviter pendant une crise

Même si c’est parfois instinctif, certaines réactions peuvent renforcer la crise :

  • minimiser l’émotion (“ce n’est rien”)

  • comparer (“regarde les autres enfants”)

  • menacer ou punir

  • forcer le contact physique

  • demander d’expliquer ce qu’il ressent

👉 Ces réactions peuvent donner à l’enfant le sentiment que son émotion n’est pas légitime.

Deuxième clé : accueillir l’émotion sans chercher à la faire disparaître

Accueillir ne veut pas dire tout accepter.
Cela signifie reconnaître ce que l’enfant vit.

Quelques phrases simples peuvent suffire :

  • “Je vois que c’est très difficile pour toi.”

  • “Tu as le droit d’être en colère.”

  • “Je suis là, tu n’es pas seul.”

L’enfant a besoin de sentir que :

  • son émotion est entendue

  • il est en sécurité

  • il peut traverser ce qu’il ressent

Souvent, une émotion accueillie perd naturellement en intensité.

Troisième clé : contenir plutôt que contrôler

Contenir, c’est offrir un cadre sécurisant :

  • rester proche (sans envahir)

  • poser des limites claires si nécessaire

  • garantir la sécurité de tous

Par exemple :

“Je ne te laisse pas taper, mais je reste avec toi pendant que ça passe.”

L’enfant apprend ainsi que :

  • ses émotions sont acceptées

  • certains comportements ont des limites

  • il peut traverser une crise sans être rejeté

Après la crise : le moment d’accompagner et de comprendre

Une fois l’émotion retombée, le cerveau de l’enfant redevient disponible.
C’est après, et non pendant la crise, que l’on peut :

  • mettre des mots

  • expliquer

  • chercher des alternatives

  • réfléchir ensemble

C’est aussi le moment de renforcer la relation et l’estime de soi :

“Même quand c’est difficile, je reste là.”

Et l’adulte dans tout ça ?

Accompagner une crise émotionnelle peut être éprouvant.
Cela demande :

  • de la patience

  • de l’énergie

  • parfois de se confronter à ses propres émotions

Se sentir dépassé ne fait pas de vous un mauvais parent.
Cela signifie simplement que vous êtes humain.

Prendre soin de soi, se faire accompagner, apprendre à mieux comprendre les émotions…
C’est aussi prendre soin de son enfant.

En conclusion

Réagir à une crise émotionnelle ne consiste pas à la faire disparaître au plus vite,
mais à accompagner l’enfant à la traverser en sécurité.

Un enfant apaisé n’est pas un enfant contrôlé.
C’est un enfant qui s’est senti compris.

👉 Et si, au lieu de chercher la réaction parfaite, on offrait simplement une présence vraie et rassurante ?

Si vous souhaitez aller plus loin...

J’accompagne les enfants et les parents à travers des ateliers autour :

  • de la gestion des émotions

  • du stress

  • de l’estime de soi

  • de la communication bienveillante

Comprendre, c’est déjà apaiser.